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Encore un décès faute de prise en charge d’urgence d’une femme en couche : A quand la fin ?

Posté par: Youssoupha Mine| Mardi 22 mars, 2016 21:03  | Consulté 1043 fois  |  0 Réactions  |   

Lorsqu’on donne des statistiques sur les femmes qui décèdent en donnant la vie, on est loin de s’imaginer qu’on peut être confronté à une situation pareille, un jour. La liste des plaintes des personnes ayant vécu ce genre de situation ne cesse de s’allonger. Les dénonciations et les plaintes semblent tomber dans l’oreille d’un sourd. Ce qui fait que le mal persiste. Les populations, ceux au bas de l’échelle trinquent et continuent de payer lourdement le prix. Et quel prix : la vie de l’être qui leur est cher. Tantôt, c’est la maman qui décède en couche, tantôt, c’est l’enfant. Dès fois, c’est l’extrême, c’est la femme et l’enfant. Malgré cela, la vie continue. ‘’Life goes on’’.

Je me suis mis, aujourd’hui, devant mon ordinateur, pianotant sur les touches du clavier pour déverser ma bile. Extérioriser ce mal qui me ronge à chaque fois que j’apprends, comme beaucoup d’autres d’ailleurs qu’une femme ou son bébé a perdu la vie, au cours d’un accouchement. Cela m’a amené, encore une fois, à me poser la question de savoir est ce qu’il y a des Sénégalais qui doivent être priorisés au détriment des autres ?

On nous a, plusieurs fois, bourré les oreilles avec un pseudo amélioration de la prise en charge des malades. Ce fait qui est arrivé à Cheikh Kanté, un quadragénaire d’une simplicité rare et son épouse qui, ce dimanche 20 mars 2016, au soir du scrutin référendaire, moment où tous les regards étaient orientés vers les urnes, a fini par perdre leur bébé, m'a beaucoup affecté. A la rencontre du malheureux papa, ce lundi, j’ai eu du mal à le regarder les yeux dans les yeux. Le regard vide. Fatigué d’avoir tapé, sans succès, sur l’essentiel des portes des grandes structures sanitaires de Dakar (Nabil Choucair, Gaspard Camara, Phillipe Maguiléne Senghor, Centre de santé El Hadji Abdoul Aziz Sy des Parcelles assainies et enfin l’Hôpital Principal de Dakar), il était méconnaissable. La mine triste, il est retourné au niveau de cette dernière structure où son épouse, trimballée d’hôpital en hôpital, a accouché d’un garçon qui, malheureusement, est mort. Mort pour absence de prise en charge dans les délais requis. Mort parce que des imbéciles, oui des imbéciles, des moins que rien, n’ont pas daigné s’occuper de sa maman pour lui permettre de voir le jour.

Fataliste, je ne saurais l’être. Je n’ai pas pu mettre tout cela sous la coupe du destin. Je me suis mis à la place du couple attristé. Aujourd’hui, ce couple, énième sur la liste enregistré des victimes au Sénégal a enduré 9 mois de grossesse ; 9 mois de souffrance mais aussi d’espoir qu’au bout, un nouveau né viendra agrandir la famille. Hélas !

Honte, donc, à ces minables d'agents chargés d'accueillir et d'orienter les patients dans les structures sanitaires.

Honte à ces autorités en charge de la santé et à celles qui dirigent le pays. Au premier chef, le président Macky Sall. Lui a mérité la confiance des Sénégalais. Nous sommes habitués à voir des autorités ou leurs proches faire l’objet d’une évacuation sanitaire. Plusieurs milliards de nos pauvres francs dévalués sont décaissés pour gérer ces évacuations dont profite une infirme partie de ces Sénégalais, de mes compatriotes à moi. Eh pourtant, ces milliards investis dans les structures sanitaires, en qualité et en quantité, auraient permis de réduire drastiquement le nombre de drame de la sorte. Aussi me suis-je demandé, si à Dakar, Capitale du Sénégal, la partie la plus développée du pays, des Sénégalais peinent à trouver une structure sanitaire capable de les prendre en charge, où diable, pourrait-on, les trouver ?

Lorsqu’on nous parlait de Couverture maladie universelle (Cmu), de gratuité de l’opération césarienne, nombreux sont mes semblables qui avaient cru qu’on en avait fini avec ces actes d’irresponsables qui font que des Sénégalais mouraient, faute de prise en charge, pour les cas urgents surtout.

J'ai le cœur gros. Les mots me manquent pour vomir ce que j'ai dans le ventre. Il est évident qu'il faut avoir une pierre à la place du cœur pour se permettre de regarder une femme en travail et avoir le culot de lui fermer ses portes. Ma rage est sans égale. Est-ce donc ça l’émergence ? Que nos cris de cœur soient entendus afin qu’il n’y est jamais un autre cas. Et plus jamais ça !

 L'auteur  Youssoupha Mine
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Youssoupha Mine
Blog crée le 31/03/2015 Visité 88175 fois 20 Articles 392 Commentaires 4 Abonnés

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